Dites-le en 3 kanjis : 金釘流
Comme suffixe, 流 désigne dans le mode des arts un courant, une école ou un style. Mais ici, combiné aux clous de fer ( 金釘 ), il désigne avec dérision ou moquerie une écriture maladroite, comme si les kanjis étaient composés de clous plantés tout croche au lieu de traits finement tracés.
彼 のノートは 金釘流 の 文 字ばかりで、 誰 も 読 めなかった。
Personne ne pouvait lire ses notes, qui n’étaient qu’un ramassis de caractères maladroits.
De 金釘流, gardons le clou :
👉 釘 を 刺 す
« Planter un clou », au figuré, c’est mettre en garde quelqu’un avec insistance pour l’empêcher de faire quelque chose d’indésirable.
Au Japon, on s’est longtemps passé du clou dans la charpenterie, et même aujourd’hui les puristes de la tradition architecturale préfèrent ne pas l’utiliser. Ce n’est qu’à partir de la période de Kamakura (1192-1333) que l’on s’est mis à planter des clous au pays des séismes, à titre préventif, pour renforcer les constructions de bois. Et à la période d’Edo (1603-1868), ce fut au tour de l’expression de s’implanter dans le vocabulaire, pour les situations où l’on souhaite insister auprès de quelqu’un, à titre préventif.
Kinomap : Kinoraptor
Du côté de Kinomap, j’ai ajouté pas mal de fonctions récemment au logiciel Kinodioraptor. Tellement qu’il s’appelle maintenant Kinoraptor, parce qu’il fait beaucoup plus que l’édition audio sur mes fichiers vidéo.
J’ai aussi réalisé que le logiciel étant conçu principalement pour répondre à mes propres besoins, et entièrement par vibe coding, il ne serait pas réaliste de le distribuer largement sur Internet. D’abord parce qu’il ne servirait qu’à une poignée de gens (les créateurs de vidéos sur Kinomap) qui disposent déjà d’un outil performant (KVRouite) créé par un vrai développeur, mais aussi parce que mon Kinoraptor est une bien étrange créature, toute désarticulée dans sa structure interne, un fouillis programmatique issu de l’intelligence artificielle et dont je ne comprends pas le code. Un petit Frankenstein inoffensif, tout compte fait, tant qu’il restera sur mon ordinateur. Ceci dit, la bête se porte bien et effectue de plus en plus de tâches sans jamais rechigner (les rechignements s’exprimant en l’occurrence sous forme de messages d’erreurs ou de plantages).
Parmi les dernières nouveautés, il y a d’abord la synchronisation du tracé de la balade avec la lecture vidéo, et vice-versa, et la découpe automatique du fichier gpx (concrètement, si je coupe un bout de vidéo, la partie correspondante du tracé disparaît automatiquement et l’heure des points qui suivent la coupure s’ajuste d’elle-même). La carte du tracé s’affiche maintenant dans un navigateur Web, beaucoup plus efficace que l’ancienne interface ; un petit serveur web local généré automatiquement par Kinoraptor se charge de synchroniser le déplacement du cycliste sur la carte avec la lecture de la vidéo.

Sous la première ligne de boutons, consacrée aux commandes de lecture, il y a une ligne de boutons d’édition de la piste audio (pour rappel, elle sert principalement à atténuer le bruit des voitures lorsque nécessaire) issus de l’ancienne mouture du programme. Sous cette ligne, une troisième ligne regroupe toutes les fonctions de traitement d’images fixes et de fichiers vidéo. Le bouton JPG sert à créer des images fixes aux points de début et de fin des coupures de la vidéo, afin de faire un effet xFade sous forme de petit fichier mp4 à introduire, par exemple, à la place d’un long arrêt devant un feu rouge.


Les modifications et ajouts les plus significatifs se trouvent dans l’Atelier, qui permet de concaténer des fichiers vidéos, de corriger le rendu de l’image (luminosité, gamma, contraste et saturation), de faire un zoom entrant ou sortant sur une partie de l’image filmée par la caméra en roulant, ou de créer des effets Ken Burns sur des images fixes transformées en segments mp4 à concaténer par la suite, par exemple à la fin d’une balade.

Concrètement, l’ajout de cette fonction d’effets Ken Burns va me permettre de prendre des photos avec le smartphone à une résolution beaucoup plus élevée que la caméra GoPro utilisée pour filmer la balade, et de recadrer la photo pour ne garder que la partie désirée, tout en créant une impression de déplacement dans l’image, un peu comme si la balade se poursuivait à l’intérieur de l’image finale.
Prenons l’exemple d’une balade dans la préfecture de Fukushima, en mai 2024 (alors que je n’étais pas encore sur Kinomap et ne filmais pas mes sorties à vélo). Lors de cette balade, je me suis retrouvé devant un paysage intéressant…

Ce que je pourrais faire, maintenant, pour une vidéo Kinomap, c’est utiliser l’effet Ken Burns pour « aller voir » de plus près, ce qui donnerait ceci :

👉 Voir la vidéo avec l’effet Ken Burns
J’ai récemment fait une petite balade santé du côté de la ville de Moriya (守谷市). Tout près de la gare éponyme (守谷駅), il y avait un temple dont la porte nyōmon n’avait pas de grillage pour protéger les divinités protectrices de l’enceinte et je pouvais donc les photographier. Prenons Agyō (阿形), que j’ai photographié en format Portrait (et qui se reconnaît principalement, ici, à sa bouche ouverte pour émettre le son A de Aun (阿吽). La résolution de cette photo (2304x4096) verticale étant plus élevée que ma résolution de filmage sur la caméra GoPro (1920x1080), je pourrais utiliser l’effet Ken Burns pour zoomer de 1,2x sans affecter la qualité de l’image, puis appliquer l’effet Ken Burns diagonalement pour suivre l’axe légèrement incliné du corps d’Agyō, de la taille à la tête.

La séquence obtenue pourrait être ajoutée à la fin d’une vidéo se terminant devant la porte du temple…
Dans le même ordre d’idée, j’ai aussi ajouté à cet Atelier une fonction de recadrage et d’ajustement du rendu des images fixes (ici aussi : luminosité, contraste, gamma et saturation), qui m’ouvre de nouvelles possibilités sans utiliser d’autre programme que Kinoraptor. Concrètement, si je roule lentement à la campagne et qu’il n’y a pas de trafic, je pourrai saisir mon téléphone d’une main et prendre une photo haute résolution d’un paysage intéressant, dont je ne garderai ensuite que la partie désirée pour l’ajouter à la vidéo avec un effet xFade.


Ce sont les principales modifications et améliorations apportées au programme. Comme je disais, tout cela reste sur mon ordinateur, car le code est un vrai fouillis… Plus spécifiquement : je ne veux pas distribuer le code officiellement sur Github ou ailleurs, mais permettre quand même à toute personne qui lit ce blog et s’intéresse au programme d’en faire ce qu’elle voudra.
En principe, il devrait être possible de l’installer facilement sous Linux en décompressant le fichier, et, dans le dossier Kinoraptor créé, en lançant la commande bash install.sh. (Merci de m’éclairer si je me trompe.)
Je pense aussi qu’à peu près n’importe qui devrait être capable de créer un fichier exécutable sous Windows ou sous Mac en ouvrant le dossier dans un éditeur tel que Windsurf et en demandant à l’IA comment faire pour l’adapter et l’installer sur la plateforme désirée.
Attention 👉 Le mode d’emploi intégré à Kinoraptor n’est pas à jour et accuse même un sérieux retard.
Dans le prochain billet, je parlerai de mon autre créature en cours de développement : Cyclotomo… version 2.
📝 Billet n° 208
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Commentaires
Béni
J’ai corrigé une erreur dans un des fichiers d’installation (requirements.txt) quelques heures après avoir mis ce billet en ligne. Téléchargez de nouveau, si nécessaire, autrement ça risque de foirer.
Pot de moutarde
L’archive contient des fichiers éparpillés, pas des fichiers bien rangés dans un dossier :=)
Le script install.sh demande d’installer libmpv-devel, qui sous Ubuntu (et très probablement Debian, pas vérifié) s’appelle libmpv-dev.
Dans le fichier requirements.txt, il manque clairement le module mpv !
Sous Ubuntu 25.10 (distro FunOS) le lancement de main.py déclenche une cascade d’erreurs, quasiment toutes liées au module mpv. Celles que j’arrive à corriger permettent de lancer l’appli, mais l’ouverture d’un fichier mp4 en déclenche d’autres, trop cryptiques à mes yeux pour que je puisse te guider vers leurs solutions :=(
Béni
Oups, merci, et désolé pour toutes ces erreurs. Je vais corriger ce que je peux, mais ça risque d’être insuffisant. (Celles pour mpv ne viendraient-elles pas du fait que j’utilise ici le mpv installé par “apt”, et non pas un mpv installé dans l’environnement virtuel ?)
Béni
En fait, dans mon cas je n’utilise pas d’environnement virtuel, mon programme se lance “tel quel”.
Pot de moutarde
Le “mpv” que tu as installé avec apt est le lecteur multimédia lui-même. Ton programme repose quant à lui sur le module Python mpv (appelé en début de code avec la ligne import mpv), qui est différent du lecteur (c’est juste un ensemble de fonctions regroupées dans un fichier) .
Pot de moutarde
Ton programme se lance correctement sous Debian à condition que je modifie le fichier requirements.txt, plus précisément de façon à ce qu’il contienne uniquement le nom des modules, pas leurs versions :
mutagen Pillow pygame websockets ttkbootstrap mpv
Ton programme semble aussi fonctionner correctement sans qu’il soit besoin d’installer libmpv-dev. Je dis “semble” parce que je n’ai aucun fichier GPX pour tester l’éditeur GPX, mais le reste fonctionne :=)
Béni
Oh ! Wow ! Tu peux tester avec un des fichiers présents dans la section « Résumés de GeoPottering » du blog…
Béni
Oups, ce sont des fichiers GPX sans horodatage. Le fichier devrait s’ouvrir, mais la synchro serait impossible (il n’y aura que des points sur la carte, pas de véritable tracé disposant les points à intervalles d’une seconde).
Béni
Plusieurs de mes fichiers sont disponibles ici : https://ridewithgps.com/users/4500419
Pot de moutarde
Il faut être inscrit sur ridewithgps pour enregistrer les fichiers gpx :=(
Ceci dit celui que j’ai récupéré dans la section Geo Pottering a été ouvert normalement par ton programme, sans erreur dans le terminal, donc je pense que tout fonctionne.
Par contre je ne comprends toujours pas les erreurs de “threading” que renvoie ton programme sous Ubuntu 25.0 :=( Avec un peu de chance elles viennent de ce qu’il s’agit d’une version trop récente d’Ubuntu (la version officielle de téléchargement est la 24), mais je dis ça avec l’espoir de celui qui n’y comprend pas grand-chose…
Béni
OK, merci encore. Ne perds pas trop de temps avec ça, hein, puisque de toute façon ce programme ultra-niche n’est pas destiné à une diffusion grand public qui me rendrait riche et célèbre…
Pot de moutarde
Ah, l’éclair de crétin a encore frappé : je viens de me rappeler que la version du lecteur mpv de ma distro FunOS/Ubuntu 25.10 est pleine de bugs (par exemple l’audio est systématiquement en retard sur l’image, et le programme plante si je fais plusieurs avances rapides de suite). Bref, ces bugs ne sont probablement pas étrangers aux erreurs de “thread” qu’affiche la sortie de ton programme dès que je tente d’ouvrir un fichier mp4. Enfin, je crois que ça peut venir de là…
Je compte sur la compassion du Dieu du Riz pour ne pas châtier mes errements en invoquant ses super-pouvoirs de constipation :=)
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